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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 13:29
Assainir les secteurs associatifs et culturels à Tanger

L'édition de cette année du Salon international du livre et des arts, dont le coup d'envoi sera donné aujourd'hui, mercredi 6 mai, au Palais Moulay Hafid, promet d'être assez "singulière", bien que les organisateurs semblent avoir cherché à tout prix à la mettre au "féminin pluriel". Mais nous en reparlerons plus tard.

Aujourd'hui, Nous allons parler plutôt des organisateurs qui sont, comme vous le savez, l'Institut Français et l'Association Tanger Région Action Culturelle (ATRAC), dont les sigles , soit dit en passant, me font penser malgré moi en ce moment, en cette terre d'Al Andalous, où j'ai raté les 11 dernières éditions, au mot espagnol " Atraco" qui signifie hold-up, vol ...

Les mauvaises langues diront que j'insinuerais par là que l'ATRAC se serait emparée en quelque sorte de l'organisation des deux événements principaux de l'Institut Français, à savoir le Salon du livre et Les Nuits de la Méditerranée.
Le président de l'ATRAC, mon ami Si Larbi Rmiki, dorénavant nommé depuis quelques années ministre Conseiller chargé de communication de "Lalla" l'ambassadrice du Royaume du Maroc au Royaume uni, est "une mie de pain" ( bti3a del khobz), " un trozo de pan".
Ne cherchez pas de mollesse dans l'expression, sinon la bonté et la gentillesse. Bien au contraire, grâce à l'ATRAC, les deux activités sont sorties de la médiocrité, du moins en ce qui concerne la logistique, à un moment où les restrictions budgétaires des instances françaises concernées mettaient en péril leur survie, tandis que les Espagnols, eux, ne lésinaient pas sur les moyens en dotant leur Institut Cervantes de tous les atouts, concurrençant sérieusement les Français.
En effet, le président de l'ATRAC a su rehausser les deux rendez-vous en question au plus haut niveau, grâce à ses contacts, qui lui ont permis en si peu de temps de convertir le Salon et les Nuits musicales en événements de grand retentissement international.
Permettez-moi ces élucubrations sévillanes au sujet de l'ATRAC et de " El Atraco", en cette nuit de pleine lune; vous avez toute la semaine du Salon pour vous gaver de littérature, de poésie, et de tables rondes où ça tourne bien rond.
Mes amis hispanophones me diront: " Nunca mejor dicho", ce qui signifie: "vous ne croyez pas si bien dire!"
Quel rapport me diriez-vous? Atraco, vol ... salon du livre ... institut français ...Al Andalous !!! C'est quoi ce délire?
Pour moi, " atracar" signifie aussi, " s'emparer". D'une manière ou d'une autre, l'idée d'agression, de violence, est un sème intrinsèque. Les Rois Catholiques ont chassé les musulmans et les juifs d'Al Andalous après plus de 7 siècles de présence dans la péninsule ibérique, et se sont emparés de leur culture et de leur civilisation pour se l'approprier, en en dénaturant souvent les traits identitaires arabo-musulmans, allant parfois jusqu'à l'amputation ou la destruction pure et simple.
Mais restons au présent.
Nos amis Espagnols ont de leur côté voulu emboîter le pas aux Français. Mais pour eux ce sont les "propriétés" de l'Etat Espagnol à Tanger et leur restauration qui pose problèmes: Théâtre Cervantes, Hôpital Espagnol, Stade de Souani....Alors ils ont créé leur Association Cervantès d’action culturelle et amitié hispano- marocaine (ACAHM) avec comme objectif principal, la restauration du célèbre "Théâtre Cervantes". La présidence a été confiée à l'ex médecin chef de la clinique de la CNSS de Tanger , le Dr Mohammed El Khattabi, qui réussira avec l'aide de José Estevez, Espagnol Tangerois, président de la Chambre de commerce espagnole de Tanger et de l'Association des Espagnols résidents au Maroc, à faire réhabiliter un terrain de football propriété de l'état espagnol dans le quartier Charf Souani. S'étalant sur 17.000 m2 le stade accueillerait une école sportive sponsorisée par la Fondation sociale du Real Madrid au profit de quelques centaines de jeunes des quartiers avoisinants.
Pour le théâtre Cervantes et l'hôpital espagnol, il n'y a eu que des annonces multiples de bonne volonté depuis plus de 10 ans maintenant. Alors que l'ACHAM semble s'être spécialisée dans l'organisation d'un Trophée de Golf, en collaboration avec le Consulat d'Espagne à Tanger et la Chambre espagnole de Commerce de la ville, la " Copa del Estrecho" ( Coupe du Détroit ) qui en est déjà à sa 11ème édition, qui prend fin d'ailleurs , (coïncidence ou coordination des activités pseudo officielles? ) aujourd'hui même.
Quant aux activités culturelles, il n'en est strictement rien puisque c'est l'Institut Cervantes qui continue à s'en occuper, fort bien d'ailleurs. Ses activités arrivent à se faire sponsoriser aussi, mais rarement pour ne pas dire pratiquement jamais par les institutions marocaines locales.
Ce qui est normal , partant du principe que les activités des missions culturelles étrangères devraient êtres subventionnées par les gouvernements des pays qu'elles représentent, étant quelque part une sorte d'investissement dans la promotion linguistique et culturelle desdits pays.
D'où le recours me semble-t-il a la création de ce type d'associations satellitaires pour ne pas mettre la main à la poche.
Ministères, Conseil régional, municipalités, conseils préfectoraux prévoient désormais des enveloppes très consistantes dans leurs budgets respectifs pour financer tel salon, tels concerts de musique ou tels tournois de golf.
Plus encore, souvent les autorités au plus haut niveau exhortent les entreprises et les promoteurs importants, parfois même par le biais de correspondances à contribuer au sponsoring de telle ou telle activité de celles que nous venons de citer.
On peut dire sans risque d'exagérer que les deux missions culturelles, la Française et l'Espagnole, accaparent les activités culturelles pour une large part dans la ville du détroit. Des activités, qui petit à petit, fort heureusement d'ailleurs ne sont plus l'apanage des élites étrangères de la ville et leurs courtisans.
Les autres associations locales ne reçoivent que des miettes ou rien du tout pour la plupart.
Celles qu'ont peut appeler les associations de "fourchettes" arrivent à s'autofinancer par le biais de soirées de Gala.
D'autres gravitent autour de certains partis politiques ou instances syndicales qui en tirent les ficelles.
Alors que des initiatives fort louables sont tuées dans l'œuf, faute de moyens.
On a vu aussi des responsables d'associations sensées protéger le patrimoine tirer un profit parfois très lucratif de leurs activités soi-disant citoyennes.
Je ne citerai pas de noms, mais je suis certain qu'ils/elles se reconnaîtront.
Certains se sont enrichis sans aucune vergogne au nom de la sacro sainte société civile; on ne peut être plus vil.
Points communs entre l'ATRAC, l'ACHAM, et la majorité de ces associations, c'est que la majorité des présidents et des membres des coupoles dirigeantes s'agrippent aux fauteuils et ne changent pas, parfois ne célèbrent même pas les assemblées générales ordinaires dans les délais stipulés dans les statuts, ou tout simplement blindent l'adhésion pour s'assurer le contrôle et la main mise.
Certains sont devenus des "pro" de la vie associative, au point qu'on les retrouve un peu partout, soit pour faire de la figuration, ou dans un objectif bien déterminé
Et puisque le Salon de cette année est au féminin, disons-le franchement: dans ces pratiques pour le moins indécentes, le genre féminin ne fait pas exception, pour une raison ou pour une autre.
Le cota féminin parlementaire est une motivation de taille pour certaines qui veulent occuper les premières places des listes des femmes de certains partis politiques.
Il est temps que le secteur associatif local et national soit réglementé d'une manière plus rigoureuse, pour être assaini du clientélisme, de l'opportunisme et de l'arrivisme qui trouvent dans l'absence de transparence qui sévit un environnement propice pour proliférer.
Séville - Espagne le 06/05/2015
Abdelilah Abbad

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commentaires

Mrini 06/05/2015 14:29

Exception faite de quelques rares associations - dans le fonctionnement et la gestion desquelles il y a beaucoup à dire, d'ailleurs - la plupart des associations sont - c'est devenu courant - des appendices des partis dits politiques ou le tintamarre de rabattage de quelques lobbies. Je ne vois donc pas ces partis, au niveau des chambres, du gouvernement et même de l'opposition, se pencher sérieusement sur l'étude du dossier "Secteur associatif".
Par ailleurs, il faudrait aussi jeter un coup d’œil de l'autre côté du détroit, précisément du côté des "courtiers" organisés en ONG européennes, et donc, intermédiaires auprès de l'U.E. Là encore, ça pue le passage aux environs du marché aux poissons un jour d'août.

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